64ème anniversaire du Cessez-le-feu en Algérie

19 mars 2026 | Cérémonie, Commémoration, Histoire

Jeudi 19 mars, la ville de Mont-Saint-Martin a honoré son devoir de mémoire envers les victimes de la guerre d’Algérie. Ainsi, Les élus de la Municipalité, la FNACA et les Comités des Fêtes de la Ville, avec la participation de l’Harmonie La Saint-Martinoise se sont rassemblés devant la stèle du souvenir où des gerbes de fleurs ont été déposées avant la lecture du manifeste de la FNACA.

Le cortège s’est ensuite rendu devant le monument de l’Atome de la Paix où Monsieur le Maire Serge De Carli et son adjoint Patrick Lot ont prononcé un discours avant de laisser la parole aux enfants du Pôle Vie Locale et du service jeunesse, qui ont récité des poèmes. Un hommage aux victimes de la guerre en Algérie, en Tunisie et au Maroc a été marqué par une minute de silence par les participants présents. L’Harmonie Municipale a ensuite joué l’Hymne nationale.

Discours de M. De Carli : 

Mesdames et Messieurs les Elus,
Monsieur le Président des Anciens Combattants, mon cher Michel,

Messieurs les Porte-Drapeaux, Mesdames et Messieurs les membres de l’Harmonie Municipale « La Saint-Martinoise », Chers enfants du service jeunesse, Mohamed, mon cher Patrick,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis.

En ce 19 mars, nous nous rassemblons pour commémorer une date essentielle de notre histoire, celle du Cessez-le-feu issu des accords d’Evian marquant la fin officielle de la guerre d’Algérie. Cette journée est une journée de mémoire, une mémoire complexe, parfois douloureuse, faite de souffrances, de pertes humaines, d’exils, de blessures encore vives pour de nombreuses familles.

Nous pensons à toutes les victimes de cette guerre, les soldats, les civils, les appelés, les populations algériennes, les rapatriés, les harkis. Nous pensons à tous ceux et à toutes celles que l’Histoire a emporté dans un conflit dont les cicatrices traversent encore notre société.

Commémorer, ce n’est pas seulement regarder en arrière, c’est aussi donner les moyens de notre monde, comprendre ce que fût la colonisation, ce que furent la domination, la négation des droits d’un peuple, comprendre aussi comment l’engrenage de la violence peut naître lorsque la justice, l’égalité et la dignité ne sont plus garantis. Car l’histoire ne se répète jamais à l’identique, elle bégaye parfois, dangereusement.

Nous vivons une époque marquée par des incertitudes profondes : crise sociale, économique, climatique, inquiétudes face à l’avenir. En ces moments, certains exploitent le doute, cherche des boucs émissaires. Ils désignent l’étranger, le différent, le plus fragile. Ils opposent plus qu’ils ne rassemblent.

Partout dans le monde, aussi dans notre pays, parfois tout près de nous, nous voyons progresser des forces politiques qui banalisent l’exclusion, qui réhabilitent des discours que l’on croyait définitivement discrédités et qui exploitent la division.

Le fascisme ne surgit pas soudainement, il s’installe progressivement, il prospère sur les peurs, sur les colères, légitimes parfois mais qui les tourne pour les transformer en haine, il avance, se présentant comme une solution simple aux problèmes complexes. Il prétend protéger mais il exclut. Il prétend unir mais il divise. Il prétend défendre la Nation mais il affaiblit la République.

Nous devons avoir le courage de nommer ces dangers, derrière les discours sécuritaires et outranciers, derrière les attaques contre les institutions démocratiques, derrière les remises en cause des droits fondamentaux se dessine un projet de société profondément inégalitaire et autoritaire.

En tant qu’élus de la République, nous avons une responsabilité particulière, celle de na pas céder à la facilité, celle de ne pas banaliser l’inacceptable, celle de porter haut et fort les valeurs de notre pacte républicain : la liberté, l’égalité, la fraternité. J’ajouterai la solidarité. Cette responsabilité collective, elle passe par l’éducation, qui doit donner à chacun des outils pour comprendre le monde et pour résister aux manipulations. Elle passe par la culture qui ouvre des horizons et qui rapproche les peuples. Elle passe par la justice sociale car les inégalités sont le terreau sur lequel prospèrent les idéologies de division, elle passe enfin sur l’engagement citoyen sans lequel la démocratie s’affaiblit.

Le 19 mars nous rappelle une chose essentielle : la paix n’est jamais l’état naturel, elle est une conquête, elle est le fruit des luttes, de mobilisations, de décisions politiques courageuses.

Jamais nous ne baisserons la tête pour avoir essayé de faire vivre un idéal. Les accords d’Evian n’ont pas effacé les douleurs du passé mais ont ouvert la voie à la fin d’une guerre. Ils nous enseignent que même dans les situations les plus conflictuelles, le dialogue et la recherche de solution politique sont possibles.

Aujourd’hui, faces aux tensions du monde, face au repli identitaire, face aux discours de haine, nous devons faire vivre cet héritage. Jamais, jamais, il nous faudra se résigner. Nous devons refuser la fatalité, nous devons refuser la différence, nous avons refusé la banalisation de la justice.

Être fidèle à cette date, c’est défendre une société où chacun à sa place, quel que soit ses origines, ses convictions ou son parcours, c’est faire le choix d’une république sociale, laïque et démocratique, qui protège et qui émancipe.

 Je veux dire aux jeunes générations qui peuvent parfois se croire abandonnées, auxquelles il peut être fait des promesses creuses d’un avenir radieux, qu’il y a un prix à payer, une exigence fondamentale vitale, celle de chercher la vérité, celle de jamais laisser s’installer ce qui hier a conduit aux pires drames de notre histoire.

Mesdames et Messieurs, chers amis, se souvenir, c’est résister. Comprendre, c’est agir. Et agir aujourd’hui, c’est défendre sans relâche la dignité humaine, la paix et la démocratie. Vive la République, vive Mont-Saint-Martin, vive le 19 mars.

 

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